Jusqu’à l’âge de 7 ans un enfant au Brésil est laissé à la charge de sa municipalité. Bien souvent, dans les régions les plus pauvres, les municipalités n’ont pas les moyens (ou ne se donnent malheureusement pas toujours les moyens) d’ouvrir des écoles de pré-scolarisation. Nous ne pouvons pas laisser les enfants sans savoir lire et écrire, indépendamment des conditions de vie de chacun d’entre eux...

L’Association Santa Vitória a créé une école pré-infantil dans le grand village de Santa Vitória, dans l’Etat du Maranhão au Brésil, à quatre heures d’une route tortueuse de la première ville. Pendant les cinq mois de période des pluies, la route est impraticable et laisse difficilement passer quelconque moyens de transport. A Santa Vitória il n’y a pas de médecin.

Les enfants apprennent en priorité à lire et à écrire. Le respect de l’autre, l’éveil moteur ou encore l’hygiène sont des éléments tout autant appliqués dans l’école. Notre travail est aussi de renforcer le lien social à travers la santé. Les enfants sont pris en charge en cas d’urgence et les familles sont suivies pour des conseils santé ou en ce qui concerne les différentes formes de prévention.

23.6.10

La Route Fantôme 2

On prend la même route et on recommence..!
Malgré une saison des pluies bien plus calme cette année, des tronçons de la ‘route’ qui relie Santa Vitória à la ville de Barra do Corda sont difficilement praticables.


Après 1 heure trente de route au départ du village, nous voici bloqués à 4h30 du matin, ..une voiture relais qui nous précédait s’est embourbée sur la piste au beau milieu du village de Mamuí.

Après l’avoir sortie de là par l’arrière, elle s’est enlisée à nouveau sur son autre côté, en repartant!
Malgré plusieurs tentatives avec une corde et des hommes, il aura fallu inventer une nouvelle route en passant sur le terrain voisin et pousser ensuite la voiture avec une corde tractée cette fois par..notre propre voiture relais.

Arrivée à Barra : 9h15.























15.3.10

Nouvelles têtes!

En cette nouvelle année scolaire, voici trois nouvelles têtes qui font partie de notre aventure désormais …

Dona Jacinta, notre nouvelle merendeira-zeladora (cuisinière, responsable propreté-hygiène), est part entière de l’historique de notre prédécesseur et de son école ; elle a travaillé pendant 12 ans avec padre Ambrogio, le missionnaire capucin qui avait créé une école à Santa Vitoria dans les années 80.
Gustavo, notre instituteur, était élève de l’école «Maria Menina» de padre Ambrogio, alors que Dona Jacinta était déjà la Zeladora !!

Jacinta, est née il y a 55 ans dans un autre de ces villages perdus de la forêt maranhense.
Elle a eu 4 enfants, dont deux sont malheureusement décédés.
Elle en a adopté trois autres. Les deux premiers, des garçons de 3 et 5 ans, sont arrivés de façon peu banale : leur maman, soi-disant malade et devant se rendre en ville, avait demandé à Jacinta de les garder une semaine. Elle n’est réapparue que 17 ans plus tard.
Concernant le troisième enfant adopté, sa maman avait menacé de le jeter dans le fleuve à sa naissance et Jacinta l’a recueilli et accueilli !
Aujourd’hui, ses enfants sont mariés et l’ont rendue grand-mère plusieurs fois !

Elle garde un souvenir très fort de padre Ambrogio, comme tous ceux qui l’ont bien connu, d’ailleurs.
Elle se souvient qu’un jour, pour des broutilles, il l’avait virée de l’école..Quelques mois plus tard, padre Ambrogio la suppliait de revenir, mais Jacinta a tenu bon pendant presque trois ans.. Jusqu’au jour où il l’a menacée (sous forme d’humour sérieux comme il savait si bien le faire) : « Si tu ne reviens pas, tue-moi et enterre-moi tout de suite » !
Dona Jacinta a retrouvé son travail et ne l’a plus quitté jusqu’à la mort de padre Ambrogio, en 2004 : « Je ne vous laisserai plus jamais Jacinta » disait-il souvent en se repentant toujours !
Dona Jacinta : « C’était un personnage incroyable, créatif, un battant qui nous transmettait beaucoup. Il était toujours disponible, jour et nuit, pour soutenir ma famille ; c’était un papa pour moi, je ne l’oublierai jamais.. ».

Dona Jacinta n’avait encore jamais travaillé pour notre école ; tout n’a pas été rose depuis le décès du missionnaire. Sa fille la plus jeune est dépressive et fait de temps en temps des crises assez fortes.
Dona Jacinta est une battante, elle travaille pour trois, elle ne mâche pas ses efforts, elle est formidable de gentillesse, ..Dona Jacinta, tout le monde l’aime. C’est merveilleux de la (re)voir travailler dans la paroisse, là où padre Ambrogio avait sa propre école à l’époque.

Elle se relaye avec Francisca, dans le travail : 15 jours Merendeira, puis 15 jours Zeladora et elles inversent !
Elle est très heureuse de travailler dans notre école !


Antonizete, est née en 1987, à Senaria, un village du Maranhão.
Elle a 4 frères et sœurs, mais vit depuis seulement quelques jours avec son fiancé. Antonizete est enceinte ! Son mari (au Brésil, il suffit d’habiter avec son conjoint pour se considérer comme mariés, avec des droits similaires), travaille dans sa roça, son champs, où il cultive du riz, des fayots, de la courge, du maïs, de la pastèque, ect., pour leurs propres besoins.
Antonizete a son bac et participe à des cours, à Santa Vitoria, un samedi/dimanche par mois, afin de pouvoir participer à des concours publics par la suite. Elle souhaiterait travailler dans l’éducation.

Elle est très fière de travailler dans notre Escolinha : « j’ai toujours été admirative de voir comment se développent les enfants de cette école. J’aime votre façon d’éduquer, votre façon de transmettre cette éducation ; dans notre région ça n’existe pas » dit-elle. « Pour moi, c’est une très bonne formation ! », rajoute-t-elle.

Antonizete, est, cette année, institutrice d’une classe de soutien l’après-midi, pour des enfants âgés de 8 à 11 ans. Elle est aussi notre première remplaçante en cas de défaillance d’un instituteur du matin.
En plus, elle fera son stage comme tout bon remplaçant, une semaine par mois, le matin, en aidant nos instituteurs, afin de s’habituer et de se familiariser avec notre école et ses ‘habitants’.

Antonizete a soif de travail. Elle est arrivée avec une motivation énorme et un esprit remarquable : elle veut apprendre !


Juracy est un nouveau jeune homme dans notre projet !
Il aura 18 ans le 22 mars; il vit avec sa maman, sa sœur, et ses deux petites nièces, nées d’une autre sœur.
Il continue ses études tant bien que mal, au collège public de Santa Vitória.
Il rêve d’être médecin, mais est bien conscient des difficultés liées à sa condition, pour arriver à faire des grandes études au Brésil,.

Il est notre deuxième remplaçant- stagiaire. C’est un garçon d’une très grande gentillesse et les enfants l’apprécient.

Il est très content d’avoir rejoint notre Escolinha : « Mes petites nièces fréquentent l’Escolinha Robin Hood et j’ai toujours aimé cette école. L’équipe est très unie, je trouve formidable le charisme dont font preuve les instituteurs avec les enfants » dit-il.
Lorsque je lui demande ce qu’il est venu ‘chercher’ en venant travailler avec nous, il me répond par cette très jolie phrase: « Quand on enseigne, on apprend beaucoup, ..on apprend aussi à se mesurer à la société ».

Intercâmbio!

Nous avons organisé une formation pour notre équipe pédagogique, dans la ville de Barra do Corda, une semaine avant la rentrée scolaire.

Une école de Barra do Corda, le «Cantinho Beija-Flor» (« la petite maison du Colibri »), a reçu nos instituteurs en tant que stagiaires pendant trois jours. Ils ont été reçus comme des princes, mais ont travaillé comme des soldats !
L’observation a vite été remplacée par une participation active et une belle collaboration avec les instituteurs du Beija-Flor.
























Le dernier jour, une réunion a ensuite permis à tous d’échanger sur leurs méthodes d’enseignement, les problèmes rencontrés dans leur école, dans leur classe.
Les instituteurs du « Beija-Flor » avaient préparé des exposés et nous ont offert du matériel éducatif créatif fait ‘maison’ et prêt à l’emploi. Un très grand cadeau.










Ce fut bien plus qu’un simple ‘stage’ : aujourd’hui, ce sont deux écoles qui sont unies.
Thélysse, la Directrice, que nous remercions très fortement, est en train d’organiser une aide régulière pour notre Escolinha, probablement au niveau du matériel scolaire et des idées créatives nouvelles à appliquer dans notre école.























Cette rencontre a parfaitement dépassé mes espérances, et, en voyant ces instituteurs des deux écoles réunis et émus en s’embrassant lors des adieux, je ne pouvais pas rester indifférent : nous recevrons à notre tour, à la saison sèche, l’équipe du Cantino Beija-Flor à Santa Vitória…

21.1.10

Deux écoles unies à 12.000 km : Témoignage de la rencontre avec le Collège St. Joseph

Collège Saint Joseph d’Etaples (Pas de Calais)
Une journée avec l’Association SANTA VITORIA
« Une Ecole dans la forêt
»


Cédric de Giraudy, fondateur de l’école Robin Hood située au cœur du village brésilien de Santa Vitoria, est venu nous présenter la genèse et l’aboutissement de son projet qui témoigne d’une force d’opiniâtreté peu banale.

Qui peut s’imaginer partir, seul, d’Europe quitter sa France natale et faire naître en quelques années - après un ou deux voyages exploratoires dans une région perdue de l’état du Maranhao voisine de l’Amazonie - une école qui accueille aujourd’hui une soixantaine d’enfants avec une liste d’attente qui ne cesse de grossir ?

Modeste, Cédric de Giraudy nous présente deux films de sa propre création qui témoignent avec une grande délicatesse, comment, en 2004, après la disparition du père Ambrogio, s’est reprise en main une population perdue dans l’immensité du Brésil, complètement tenue à l’écart du boom économique de ce pays. Sans exiger quoique ce soit de l’Etat et du pouvoir politique local, manifestement insensibles à la cause éducative de la petite enfance, des familles, soutenues par un jeune européen complètement intégré à leur village, ont mené pas à pas un combat insensé pour l’éducation et l’acquisition des premières connaissances facilitant l’accès aux cycles scolaires. C’est toute une structure éducative et pédagogique qui a été constituée qui permet aujourd’hui aux enfants, dès 7ans, d’intégrer l’école publique obligatoire et de continuer leur scolarisation.

Un climat souvent hostile, des moyens matériels rudimentaires, des voies de communication plus ou moins praticables, la combativité de certains opposants et une recherche constante de financements calculés au plus juste ont constitué le lot commun de ce projet. Or, que découvre-t-on dans ce reportage : des gens découragés, de la tristesse, des propos défaitistes tels que « Je l’avais bien dit, c’était utopique, ça ne pouvait pas marcher… » ?

On découvre, au contraire, des visages heureux, épanouis, visages d’enfants mais aussi d’adultes auxquels cette école a apporté une opportunité de travail. Cette communauté prend conscience avec un plaisir clairement exprimé que l’école et l’éducation sont des valeurs précieuses indispensables pour accéder à une vie meilleure. Les réactions des uns et des autres montrent qu’il ne leur paraît même plus envisageable de revenir en arrière. Leur avenir, celui de leur village-même, est désormais lié à cette école.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu de cette réalisation généreuse qui contribue - peut-être même au delà des espérances de son initiateur - au développement du village et de ses environs.
Comment assurer la pérennité de l’école, comment l’intégrer dans un projet plus vaste impliquant les dimensions écologique, sanitaire, médicale ? Ces nouvelles dimensions naissent spontanément dès lors que le modèle initial a fait ses preuves et qu’on pense qu’il peut faire mieux. Comment ce village qui vit aujourd’hui quasiment en autarcie peut-il, sans « perdre son âme », bénéficier à son tour des bienfaits du développement d’un pays comme le Brésil ? Ce sont ces questions auxquelles doivent aujourd’hui répondre Cédric et les membres de l’association « Santa Vitoria, une école dans la forêt » qu’il a créée en 2004 pour soutenir son projet.

Ce témoignage nous a apporté une grande bouffée d’air frais. On ne peut éviter de faire le rapprochement entre les multiples dispositifs et soutiens de toute nature que notre société dite « développée » met à la disposition de ses concitoyens pour leur développement culturel et humain et l’indigence dans laquelle certaines populations sont amenées à vivre lorsque leurs besoins essentiels sont totalement ignorés. On ne peut alors qu’admirer l’enthousiasme qui se manifeste dès qu’une initiative, comme celle de l’association Santa Vitoria, vient combler un vide flagrant et apporter ainsi de l’espoir aux jeunes générations et à leur famille.

Nous avons à cœur de contribuer aux prolongements de ce magnifique projet et sommes fiers de compter parmi les « parrains » qui se mobilisent pour la réussite de cette belle aventure.

Un grand merci à Cédric et à son papa Jean-François (trésorier de l’Association) d’être venus à notre rencontre et de nous avoir consacré une journée pour nous faire vivre des moments inoubliables.

Monique et l’équipe éducative du Collège Saint-Joseph

Deux écoles unies à 12.000 km : Témoignage des enfants

Messages des jeunes collégiens de Saint-Joseph

A l’intention de Cédric, de tous les enfants, et de tous les membres de l’équipe éducative et pédagogique d’«Une école dans la forêt»

« J’ai vu votre film et j’ai été très touchée par ce que vous faites pour les enfants de Santa Vitoria. Vous êtes installés près d’eux et vous vivez dans des conditions de vie très difficile. Je pense que vous avez dû faire beaucoup de sacrifices mais vous ne semblez pas regretter votre choix et j’admire votre bonheur au quotidien. Merci pour les petits messages des professeurs, ils étaient très touchants. Nous allons essayer de vous aider encore plus. J’espère que nous aurons des nouvelles de vous tous, régulièrement. Promis on pense à vous et on ne vous oublie pas ! Encore bravo Cédric pour votre courage, Bises ».
Frédérique

« Grâce à votre film j’ai pu découvrir les enfants du village de Santa Vitoria. Je les trouve très mignons, souriants et heureux dans les activités que vous proposez. Vous avez tous énormément de courage pour arriver à vivre sans vous plaindre. Si un jour, je décidai mes parents à prendre des vacances, je leur demanderai de voyager au Brésil et d’aller vous rencontrer au village de Santa Vitoria. C’est mon rêve car la distance qui nous sépare est vraiment très importante. Je vous souhaite beaucoup de bonheur et je vous embrasse tous ».
Clara

«Cédric, MERCI d’être venu de si loin pour nous rencontrer. Les films étaient magnifiques, ils m’ont beaucoup touchée. Cela m’a émue de voir que des enfants n’ont pas les mêmes chances que nous. Ici nous sommes trop gâtés par rapport à eux et nous demandons toujours plus à nos familles. Les enfants de « l’Ecole dans la Forêt » paraissent malgré tout heureux mais je voudrais, en faisant partie de l’Association Santa Vitoria les rendre encore plus joyeux en partageant ce que j’ai avec eux ».
Message pour eux : « Coucou les enfants ! J’aimerai bien vous connaître et passer quelques jours avec vous, consacrer mon temps pour vous aider et aussi jouer avec vous. Je vous fais de gros bisous, à bientôt ».
Ludivine

« Merci Cédric pour le film que tu nous as passé. J’aimerai venir dans ton village et voir tous les enfants qui ont l’air très gentils. La fin de ton film était très touchant avec les enfants, les instituteurs qui nous passent des messages chaleureux. Est-ce qu’il y aura une suite au film ? »
Robin

« Quand j’ai vu le film cela m’a beaucoup touché. J’ai même eu du mal à croire que c’était la réalité. Pour les enfants de Santa Vitoria, l’école c’est le bonheur alors que pour nous parfois c’est un vrai « calvaire ». A présent, j’ai une autre vision de l’école et j’ai compris le besoin d’apprendre, de savoir écrire et lire. C’est vital pour eux et aussi très important pour ma vie future. Le passage où ils mangent de la semoule avec du lait m’a fait sourire car moi aussi j’en mange et j’adore çà.
Le projet de soutenir l’association est très intéressant car je pense que tous les enfants du monde devraient pouvoir aller à l’école. Cédric a eu du courage de quitter une vie confortable pour cette vie loin de sa famille et vraiment merci d’avoir fait tous ces kilomètres pour nous rencontrer et nous faire partager la vie des petits brésiliens. Je l’admire pour ce qu’il fait. Un grand merci à lui, aux enfants et aux instituteurs pour les beaux sourires qu’ils nous ont adressés. Bisous à vous tous ».
Andréa

« Chers enfants, Vous me paraissez très gentils et j’espère que vous aimez l’école. Bonne chance à tous, et surtout apprenez bien à lire, écrire, dessiner et chanter ! A bientôt»
Claire

« Merci de nous avoir présenté le film, cela a été un choc de voir les conditions de vie des enfants de Santa Vitoria. Ils paraissent très heureux d’aller à l’école alors que nous, nous ne sommes pas toujours très contents d’avoir des leçons et des devoirs ! Merci pour les beaux messages de la fin du film. Nous pensons à vous ».
Grégory

« Cédric je te remercie, ce film m’a beaucoup plu et était passionnant pour apprendre comment les enfants de Santa Vitoria vivent. C’est très courageux d’avoir pris la suite du père Ambrogio.
En grand bonjour à vous tous ! »
Florian

« J’ai découvert votre film et je l’ai trouvé très touchant. Il y a beaucoup d’émotion. J’ai aimé vous voir vivre, jouer, chanter, rire, pleurer, cela m’a ému. Votre école est superbe et vous regarder, vous entendre, m’a mise de bonne humeur. J’ai pu ressentir vos joies, vos émotions tout était magnifique. C’est vrai, votre vie doit être difficile mais vous avez beaucoup de courage et de joie de vivre. Un grand bravo à Cédric qui est vraiment généreux. Je vous embrasse ».
Marie

« Cédric, ce film très touchant m’a rendu admirative devant votre courage. Vous avez quitté la France, votre famille, vos amis pour partir si loin dans un village où la vie est très pénible. Je ne sais pas si j’en serai capable… de plus vous avez choisi d’arrêter votre métier pour l’école dans la forêt de Santa Vitoria. Merci de m’avoir permise de voyager dans une autre partie du monde, au cœur de la forêt du Brésil. Je vous souhaite beaucoup de bonheur et de réussite auprès des enfants que j’aimerai connaître. Je pense à votre très belle association que je souhaite aider encore l’an prochain. Merci aux instituteurs de l’école. Gros bisous ».
Camille

« Cédric. J’ai vu votre film et j’ai découvert votre vie de tous les jours. Cela m’a sincèrement touchée. Je vous voulais aussi vous dire un grand bravo pour tout ce que vous avez apporté aux parents et aux enfants. Vous leur donnez de la joie, de la gaité. Votre film « redonne la pêche ». J’ai aimé regarder les enfants apprendre, écrire, lire, jouer, s’émerveiller, rire et pleurer. Tout cela m’a beaucoup émue. Cela a été un beau moment d’évasion et j’aimerai rencontrer les enfants, être auprès d’eux… Encore un grand merci, bonne continuation ».
Léa

« Merci Cédric de nous avoir fait partager ce beau film. Il m’a donné envie d’aller au Brésil et plus particulièrement à Santa Vitoria pour connaître le village, les enfants, leur école et les maîtres ».
Aurélien

Ce film est impressionnant et si réel. « Merci Cédric d’avoir fait autant de kilomètres pour venir nous rencontrer et nous expliquer votre vie et celle des enfants de Santa Vitoria. Un coucou à tous les enfants »
Ernesto

« Merci Cédric d’être venu pour nous. J’ai aimé vos deux films sur l’Association, c’était très émouvant et intéressant. J’espère que cette association va continuer à Etaples et que les dons seront plus nombreux encore »
Corentin

« Merci Cédric pour le temps que vous avez passé pour nous. Le premier film était un peu triste et le deuxième m’a choqué car les routes sont pleines de trous ! Mais grâce à vous les enfants ont une école. Peut-être qu’un jour je te rejoindrai pour t’aider auprès des enfants du village »
Maxime

« Merci Cédric d’être passé à Etaples pour nous rencontrer. Je suis très content d’avoir participé à soutenir l’association Santa Vitoria. Je vous souhaite bonne chance pour le futur »
Louis

ETUDIER - APPRENDRE - COURAGE – TRISTESSE - DÉCEPTION - JOIE - EMOTIONS - EXISTER - ENCOURAGEMENTS - FELICITATIONS - GENEREUX - REMERCIEMENTS.
« Bravo à Cédric et bisous aux enfants ».
Claire

« Nous vous remercions de pouvoir participer à aider l’association Santa Vitoria. Nous sommes fiers de soutenir tout ce que vous faites. Le film m’a touché au cœur ».
Célestine

« Cédric, Merci d’être venu à Etaples pour nous montrer la vie des enfants de Santa Vitoria. J’ai aimé le film car j’ai vu que tous les enfants étaient heureux d’aller à l’école. Je vous trouve courageux d’avoir laissé votre passion, la vidéo, pour reprendre la direction de l’école. J’ai ressenti beaucoup de joie. Vive Santa Vitoria et l’Ecole dans la Forêt. »
Blandine

« Je trouve que votre action pour Santa Vitoria est une belle action. Vous permettez aux enfants d’entrer à l’école pour apprendre, recevoir les bases de l’éducation et plus tard avoir un métier. Je suis heureux de soutenir l’association. Bisous »
Julien

« Merci d’être venu nous rencontrer. Quand j’ai vu les enfants, je me suis dis que j’avais de la chance. Cà serait bien si tu avais plus de dons pour aider ces enfants. J’espère que leur école existera encore longtemps. Je vais continuer à aider l’association ».
Simon

« J’admire le travail que vous faites pour que les enfants puissent entrer à l’école. Je suis ému de votre générosité envers eux et nous continuerons à vous aider malgré les kilomètres, car notre cœur est tout près de vous. Merci pour toute cette bonne humeur dans le film. Nous pensons à vous ».
Romain

« Je vous remercie d’être venu dans notre Collège pour nous expliquer la vie des petits brésiliens dans cette école et dans le village. Je suis contente d’avoir aidé l’association Santa Vitoria pour que tous les enfants puissent apprendre et plus tard, puissent avoir un métier ».
Jeanne

« Nous vous remercions d’être venu pour nous monter le film plein d’émotions. J’ai vu la joie dans les yeux des enfants qui ont la possibilité d’aller à l’école grâce à vous. Que l’école ne ferme jamais. A bientôt ».
Christopher

« Cédric, Je suis contente de vous avoir rencontré et d’avoir vu vos films. J’ai ressenti de la tristesse, de la joie à travers la gentillesse des enfants et des adultes. Je suis heureuse d’avoir participé aux dons et d’avoir pu vous aider. Vive Santa Vitoria ! »
Margot

« Merci beaucoup Cédric pour ces films. Nous voyons la difficulté et le combat que vous menez pour que cette école existe et qu’ainsi tous les enfants de Santa Vitoria apprennent à lire et à écrire ».
Arnaud

« Cédric, J’ai vraiment été touchée par ces enfants qui semblaient heureux malgré tout. Tu nous as fait découvrir leur village, leur école et leur façon de vivre ...
Je te remercie d’avoir parcouru tant de distance pour nous parler de Santa Vitoria et d’avoir réalisé des vidéos pour nous faire comprendre la vie de l’association avant et maintenant.
Je souhaite vraiment que cette école existe longtemps, soit entretenue et que nous puissions apporter de meilleurs conditions aux enfants pour qu’ils apprennent à lire et à écrire et ainsi dans le futur qu’ils trouvent un métier qui leur permettra de nourrir et de soigner une famille à leur tour. A bientôt ».
Diane

13.1.10

Fin de l'année scolaire!

Avec 2009, c’est aussi une nouvelle année scolaire qui se termine!
Comme vous le savez, si vous suivez nos aventures, 2009 fut une très belle année pour notre Escolinha ; une année de travail, de progrès, de péripéties, de couleurs...une année où petits et grands ont encore beaucoup appris et ont partagé des moments forts ensemble.




En ce dernier jour d’école, nous avons offert aux enfants et à leurs mamans (les papas sont très rares aux réunions d’école..), quelques heures de fête !


Au programme :

- Nous avons installé télévision et lecteur Dvd et passé des films réalisés ces dernières années sur l’école et les enfants,

- Nous avons célébré ceux qui quittent notre école par un beau Diplôme (mais ils resteront encore l’année prochaine en cours de soutien),

- Comme cela se fait au Brésil, l’équipe pédagogique a remis les devoirs de classe, les dessins et autres travaux aux parents avec les appréciations des instituteurs,

- Nous avons offert un jouet à chaque enfant - ces jouets ont été offerts par un commerçant de Barra do Corda,

- Nous avons offert un vêtement pour chaque fille - vêtement offert très gentiment par une des marraines de l’école, Marie-Laure,

- Nous avons offert le calendrier 2010 de notre Escolinha, version brésilienne - calendrier conçu par Anna, une autre marraine de coeur de l’école,

- Les filles de l’équipe de foot de Santa Vitória, ont aussi reçu leur cadeau de Noël : des chasubles pour l’entraînement,

- Le ‘glacier’ de Santa Vitória, Belchor, est venu nous régaler avec ses glaces maison!
..Oui, à Noël, dans le Maranhão, on peut manger des glaces et les apprécier fortement !


Notre cinquième année scolaire s’est donc terminée par une belle journée !

Les enfants et l’équipe sont en grandes vacances pendant deux mois..ce qui n’est pas le cas de tout le monde...
Il faut travailler sur le budget 2010, travailler sur notre programme et sur l’organisation à venir et préparer la rentrée. Le temps passe si vite..














9.12.09

Une défaite pour mieux rebondir ?

Comme vous le savez déjà, si vous suivez notre Blog, l’Escolinha Robin Hood ‘sponsorise’ la jeune équipe féminine de foot de Santa Vitória ! Une fois par an, nous achetons notamment un ballon et un jeu de maillots..

En ce mois de novembre, un grand tournoi attendait nos joueuses, dans la ville de São Roberto, dont l’équipe est l’ennemi juré !



10 équipes réparties en 2 groupes. Petit terrain pour des matchs en 50 minutes, à 6 contre 6.
Une prime de 1000 réais (400 euros) pour le vainqueur et, pour le finaliste, de 500 réais (200 euros), ce qui est record pour la région.
Voilà pour les chiffres !

Nos filles ont brillamment atteint les demi-finales, après avoir terminé à la première place de
leur groupe.

Elles se sont finalement inclinées 2 à 0 face à São Raimundo, futur vainqueur du tournoi (face à São Roberto)..aux portes de la finale !


Une demi-finale rocambolesque, où le ballon semblait ne pas vouloir entrer dans les cages adverses. Entre des buts ‘tous faits’ incroyablement ratés par nos attaquants mais aussi des cages adverses certainement trop petites !!
Comme cela arrive souvent dans le football, après avoir raté nombre d’occasions, en toute fin de partie, les filles d’en face ont marqué deux buts coup sur coup. Assommées, nos jeunes footballeuses, sont reparties ‘meurtries’, et, une fois revenues à Santa Vitória, elles en pleuraient encore !

Nous avions prévu, avec l’éventuel gain, d’essayer petit à petit, d’améliorer leurs conditions d’entrainement et d’acheter des chaussures pour chacune d’elles. Ce sera pour une prochaine fois ! On se l’est promis...

Pour accompagner les photos, je dois vous raconter le parcours qu’elles ont fait à chaque matchs, pour rejoindre la ville où avait lieu le tournoi : rendez-vous au bord du fleuve Mearim de Santa Vitória ; traversée du fleuve en canoë, puis, 40 minutes à pied, afin d’arriver dans un village intermédiaire où une voiture les amenait à São Roberto en une demi-heure.














Déménagement !

Il y a cinq ans, lorsque j’ai décidé, martel en tête, de recréer une petite école à Santa Vitória, mon projet a toujours été d’être ‘logé’ là où, à l’époque, il existait l’école « Maria Menina » de Padre Ambrogio (notre prédécesseur), dans la paroisse du village. Un lieu calme, très accueillant et où l’espace est roi.
A l’époque, de grandes contraintes avaient empêché le projet de se concrétiser.
Aujourd’hui, après d’âpres aventures, c’est chose faite !

Bien évidemment, cette nouvelle étape dans la vie de notre escolinha, est provisoire. Nous sommes dépendants du bon vouloir des padre capucins, qui, comme vous le savez, ont un système de roulement et sont mutés tous les deux ans.
Frei Messias, le jeune père capucin, qui a convaincu ses supérieurs pour notre venue dans la paroisse, ne devrait en effet pas rester.

Cela dit, comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, le bâtiment que nous occupions encore il y a quelques jours, nous appartient aujourd’hui! Grâce à la générosité d’un formidable donateur, nous savons que, quoi qu’il advienne, nous possédons notre propre immeuble.
Pour mémoire, ce bâtiment est une vieille église évangélique. Il se sera passé plus d’un an et demi depuis la mise en vente de ce bien. Un an et demi durant lequel le prix n’a cessé de jouer au yoyo, durant lequel les négociateurs ont joué avec nos nerfs, et où il a fallu comprendre QUI vendait, et comment se protéger d’un tel achat.



Quelle est notre idée ?

Nous comptons réformer, petit à petit, notre bien acheté. Repousser les murs, donner un ‘coup de neuf’ à l’intérieur et faire de l’impraticable jardin, un lieu de récrée et de cultures diverses (plantes, arbres fruitiers..).
Nous nous fixons un délai de deux années.
Pendant ce temps, en plus des travaux, nous mettons sur place un nouveau chantier : développer un pôle culturel à Santa Vitória, où les jeunes pourraient goûter au théâtre, à la musique, à la peinture, à la littérature sous la forme d’une bibliothèque, ..Bref, un lieu d’expression artistique.

C’est un beau projet à l’état de projet qui ne se développera véritablement qu’avec beaucoup de moyens.
Je recherche aujourd’hui des appuis dans notre région maranhense et nous demandons aussi l’aide du gouvernement brésilien.

Quel plus beau cadeau de Noël que de pouvoir offrir au village et à ses enfants, une nouvelle école et un futur qui se concrétise ?



12.11.09

L'Indépendance à Santa Vitoria

La fête de l'indépendance est la fête nationale du Brésil et un jour férié officiel.
Elle est célébrée avec des défilés représentant l’histoire du Brésil et ressuscitant des personnages historiques.

A Santa Vitória, cette commémoration était oubliée depuis près de 10 ans.
Ce défilé a donc été (re)pris en main par l’équipe de l’école Robin Hood.
Un gros boulot, de sacrées émotions et un énorme succès.

Le but était aussi de rendre hommage à ceux qui contribuent de façon directe ou indirecte à la construction et la renommée de cet énorme pays qu’est le Brésil.

23.8.09

Oficina

Envoyé via mail de Barra do Corda, par l’institutrice : Marcicléia.


OFICINA (Atelier)----> Objectif général:

- Développer la créativité des enfants,
- Développer leur coordination motrice,
- S’amuser et découvrir





Matériaux utilisés:
Noix de coco, Laine, Colle, Encre gouache, Ciseaux, Pinceaux

L’atelier a eu lieu le 22 Juin 2009, dans le but d'encourager les enfants à produire leurs propres jouets.
Au cours de l'atelier, nous avons vu la grande participation et l’intérêt des enfants, qui ont été ravis de voir le résultat final de leurs travaux.
Au fil du temps, leurs jouets ont pris forme, les enfants étaient déjà très concernés et appliqués, ils donnaient des noms à leur poupées, leur inventait des histoires, tout en utilisant leur imagination et donnant vie à leur création.
Il convient de noter que, au cours de l'atelier, chaque enfant a fabriqué une marionnette ou un autre jouet en fonction de sa propre personnalité.
L'atelier a également servi à faire en sorte que les enseignants connaissent un peu mieux leurs élèves. Grâce à cette initiative, les instituteurs pourront davantage comprendre les enfants de notre école et les aider à avoir un meilleur développement psychologique et éducatif.


29.7.09

Francisca

Comme vous l’aurez compris en lisant l’article précédent, Francisca est notre ‘ chef cuisinière’.
Lors de l’interview, le cadre du récit ‘famille-travail’ a été dépassé.
Son parcours est assez incroyable pour une jeune fille de seulement 22 ans, et il me semblait intéressant de vous en faire part.
Notre école est composée de personnes ayant une histoire personnelle aussi agitée que la route qui relie le village à la ville de Barra do Corda !


Francisca arrive d’un petit village appelé « Lagoa Vermelha ».
Il y a deux ans, 80 personnes peuplaient encore Lagoa Vermelha.
Il y avait une école publique qui peu à peu s’est détruite et personne ne l’a réparée. L’école n’a plus fonctionné, la mairie de Barra do Corda ne s’en est pas préoccupée, et les habitants ont quitté les lieux, progressivement.
Aujourd’hui, il reste une dizaine de personnes qui travaillent la terre. Le mari de Francisca en fait partie. Il ne retrouve sa femme et ses enfants à Santa Vitória que le samedi, pour déjà repartir, à Lagoa vermelha, dans la nuit de dimanche à lundi.

Francisca était plutôt destinée à une vie de citadine.
Elle évoque ses plats préféres et ce qu’elle aime cuisiner, lorsque je lui demande si c’est sa maman qui lui a transmis la passion de la cuisine.. Je sens alors comme une une faiblesse, une larme intérieure :

- Non, ce n’est pas ma maman. Mes parents se sont séparés quand j’avais 3 ans, et je n’ai jamais revu ma mère, Explique t’elle.
Mon papa lui en a voulu, il nous a toujours dit qu’elle nous avait abandonnés.
Nous étions 4 enfants à la maison. Maman est partie avec mon frère de 1 mois.
Papa est tombé malade assez vite, il ne pouvait plus s’occuper de nous, et nous avons dû, mes frères et moi, nous séparer chacun de notre côté.
Je suis partie vivre dans la ville de Tuntum (toujours dans le Maranhão), chez mon arrière grand-mère.
Je vivais une enfance assez tranquille jusqu’à ce que mon arrière grand-mère décède. J’avais 13 ans. ».

- Et qu’as-tu fait ?

- Je suis allée à São Luis (capitale du Maranhão). C’est une lointaine parente qui m’hébergeait.

- C’est à São Luis alors que tu as appris à faire la cuisine ?

- Notre voisine avait une ‘lanchonete’ (un mini-resto).
Cette parente chez qui je vivais, s’est séparée de son mari, je suis donc allée vivre chez la voisine. Je travaillais dans sa lanchonete comme employée et, dans sa maison, en tant que femme de ménage ; en échange, elle m’hébergeait.
C’est là que j’ai appris à faire à manger, j’ai même appris à faire du pain!

- ..Et c’est là que, enfin, tu as trouvé la stabilité..

- Non. Pas du tout. Je suis tombé enceinte à 14 ans d’un garçon de 27 ans. Je souhaitais retourner à Tuntum mais lui ne voulait pas m’accompagner. Mon père était souffrant, je souhaitais le voir. Je suis partie toute seule, enceinte.

- Qu’était devenu ton père ?

- Mon père avait refait sa vie. J’ai habité chez lui pendant deux mois, mais sa nouvelle femme était odieuse et ne voulait pas de moi à la maison.
J’ai pensé repartir à São Luis et c’est à ce moment que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari. Lui, ne souhaitait pas me voir repartir à São Luis. Il travaillait déjà à l’époque à Lagoa Vermellha, sa famille vivait là-bas, et, par amour, je suis partie habiter avec lui ..et avec mon fils!

- C’est toujours assez compliqué de repartir de la ville et aller vers un village perdu, non ?

- (elle sourie) C’était un vrai retour en arrière. Il fallait aller chercher l’eau au puits, s’occuper des animaux, et surtout travailler aux champs ! Je n’avais que 16 ans. Il n’y avait pas non plus de route digne, et, en saisons des pluies, en cas de blessure grave, les hommes du village transportaient les malades dans un hamac suspendu et attaché à deux bouts de bois, les pieds et les jambes dans la boue, pendant des heures. Ça m’a marquée.

- Tu n’as jamais eu de nouvelles de ta maman ?

- Si, l’année dernière! Elle m’a écrit une lettre qui a fait un périple incroyable avant de m’arriver dans les mains ! Je l’ai appellée il n’y a pas si longtemps, pour la première fois.

- Et tes frères ?

- Celui qui est resté avec maman est mort d’une congestion en se baignant au fleuve quant il était enfant.
Ma soeur et mon autre frère sont repartis vivre dans une même maison, il y a un an de ça ! On a prévu de se revoir.

- Quelle dernière année !..Mais surtout quelle vie..As-tu déjà le recul nécessaire pour analyser ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

- J’ai appris beaucoup de choses. J’ai l’impression que je peux survivre à tout ! (elle rigole) Je me sens plus forte.
Elle hésite.. Par contre je n’ai pas étudié comme je l’aurais souhaité. C’est mon grand regret. Je me suis mariée très jeune. Aujourd’hui, j’ai trois enfants, et je ne veux pas qu’ils vivent séparés. C’est presque une angoisse. Je veux qu’ils étudient le plus possible.
En fait, je souhaite leur donner tout ce que je n’ai pas eu.

- Tu as des rêves ?

- Beaucoup! Je veux rencontrer ma maman, on a plein de choses à se dire.
Mon plus grand rêve, même si je sais que ce n’est qu’un rêve, c’est de voir ma famille réunie. Je nous imagine dans une même maison, mes parents ensemble avec mes frères et ma soeur.
Bon, je sais que ce n’est pas possible, mais j’aimerais tellement au moins que tout le monde pardonne tout le monde et qu’on puisse, à certaines occasions, passer du temps tous ensemble.


(Photos : Francisca avec sa fille - qui est à l'école Robin Hood - ET parmi ses 3 enfants devant leur maison)

Indispensables Neiva et Francisca!

Qui sont les instituteurs de l'école “Robin Hood” ? Qui prépare la ‘merenda’ (le gros goûter) pour les 60 enfants ? Qui nous aide et comment ?
Pour répondre à ces questions et à tant d'autres que nous entendons souvent, nous avons décidé de vous présenter une série de portraits de l’équipe.
À travers leurs mots, nous pourrons même, j’espère, mieux comprendre comment se passe la vie dans la région de Santa Vitória.


Je tenais à vous présenter deux personnes qui font partie de notre équipe à Santa Vitória et qui ne sont pas des instituteurs.
Deux personnes indispensables au bon fonctionnement de notre projet.



Neiva est ‘Zeladora’. Ce mot signifie ‘concierge’ en portugais. Elle a la responsabilité du bâtiment, du jardin, des travaux et de l’hygiène générale.

Francisca est ‘Merendeira’. Elle est responsable du menu et du repas servi chaque jour aux enfants.

Neiva a trois enfants de trois papas différents. Elle vit avec sa dernière fille, Kelly, et le papa de celle-ci. C’est Dona Raimundinha qui a fait naître Kelly, à la maison ! (voir notre article sur Dona Raimunda).

Chez la maman de Neiva vivent 17 personnes ! Dont tous les petits-fils qui ont un papa qui n’a pas reconnu l’enfant. Neiva passe beaucoup de temps chez sa maman afin de l’aider.
Le bruit et la confusion ne l’épouvantent pas, elle aime les grandes familles et elle est habituée à vivre au milieu d’une grande marmaille.

Neiva a étudié en prenant son temps. Elle a terminé ses études à 27 ans. Elle a arrêté une fois, puis a repris, avec courage. Elle n’a pas pu obtenir son bacalauréat brésilien car à Santa Vitória on ne peut pas aller bien loin dans ses études :
« J’aurais aimé être institutrice, mais je n’ai jamais eu les moyens de sortir du village », dit-elle.

Notre Zeladora insiste sur une de ses missions, sur laquelle nous avons beaucoup travaillé depuis les débuts de l’école : les petis mots magiques de politesse !
Dire bonjour à chaque enfant qui entre dans l’école le matin, attendre un bonjour en retour...
Francisca, elle, attend avec impatience, avant de déposer l’assiette du repas sur la table, que nos chérubins prononcent le fameux mot «merci».

Laver les mains des enfants, contrôler la propreté de chacun...

« L’éducation commence à la maison. Malheureusement c’est très rarement le cas à Santa Vitória, car justement, personne n’a reçu cette éducation étant petit » raconte Neiva.

Puis vient l’éducation du palais !
Francisca : « De très nombreuses écoles n’offrent pas de repas. Ce sont les parents qui doivent laisser à leurs fils quelque chose à grignoter. Beaucoup d’enfants arrivent à l’école sans avoir pris de petit déjeuner. Leur offrir un gros goûter, voire un bon repas, c’est très important je crois ».

L’effort porte aussi sur la diversité et la découverte de nouvelles saveurs.
« Je fais de la soupe avec des légumes et de la viande une fois par semaine. Au début, les enfants ne voulaient pas en entendre parler ! Aujourd’hui l’assiette revient vide » ..Francisca évoque aussi son ‘Cha de burro’, autrement dit, en portugais dans le texte, son ‘thé d’âne’ ! :
« Le cha du burro est une boisson faite avec du maïs, du lait et de la noix de coco. Les enfants étaient assez réticents, puis, finalement, ils en redemandent toujours ! » Raconte t’elle.

« C’est notre façon à nous d’enseigner », conclue Neiva, qui rêve toujours d’être institutrice.
« On se sent très responsables, notre fonction dans l’école est reconnue, on a un vrai rôle à jouer ! » ajoute Francisca.

Pouvez-vous nous offrir le secret d’une recette typique de la région, comme cette délicieuse ‘Mangusta’ que vous avez préparée pour un de nos ‘repas spéciaux’ (voir article du Blog) ?


MANGUSTA :

Cueillir les mangues des arbres. Les laver. Les mettre dans une casserole et faire bouillir l’eau. Laisser 10 minutes sur le feu et elles sont cuites.
Laisser refroidir et retirer la peau.
Ne garder que le fruit(retirer le noyau!) et passer cette pulpe au mixeur, avec du lait, du sucre et de la noix de coco cueillie sur l’arbre.
Votre mangusta est fin prête !
Un délice..

Neiva et Francisca, un mot pour nos lecteurs ?.. :
« Nous remercions beaucoup tous ceux qui aident au développement de cette école, nous espèrons qu’ils ne vont pas nous abandonner. Nous ne souhaitons pas retourner à l’état de pierre sans école au village. Il existe des endroits, dans ces régions défavorisées du Brésil, où les enfants doivent marcher pendant des kilomètres pour pouvoir rejoindre leur école, une école qui n’est pas conforme à leurs besoins, où l’enfant n’est pas pris en considération et où il n’y a pas de repas ! ».


(Photo: Neiva avec ses deux enfants)

27.6.09

Dia dos Indios

Nous avons fêté dignement et allègrement les Indios du Brésil en ce jour de commémoration nationale (avec quelques jours d’avance, le 19 avril étant, cette année, un dimanche).
Cette journée s’insère dans ce que nous avons appelé nos «journées culturelles» à l’école.
L’objectif principal est d’essayer de comprendre les racines historiques d’une journée de ‘fête’, mais aussi d’initier les enfants à la créativité et à l’artistique.

Nous en avons profité pour faire notre ‘goûter spécial’, un plat typique que nous proposons aux enfants et qui remplace le traditionnel repas de 10h.
D’un commun accord nous avons opté pour des aliments dont se nourissent les Indios ! Au menu un délicieux gâteau de macaxeira (forme de manioc que l'on cuit dans l'eau) et des beijus de tapioca.
Une journée très réussie !



Historique

Les brésiliens commémorent tous les ans, le 19 avril, le Jour de l'Indios. Cette date commémorative a été créée en 1943 par le président Getúlio Vargas, à travers un décret de loi.
Pour comprendre le choix de la date, nous devons retourner en 1940. Cette année fut l’année du Premier Congrès Indigeniste Inter-Américain, au Mexique.
En plus de compter avec la participation de diverses autorités gouvernementales des pays de l'Amérique latine, plusieurs chefs indigènes de ce contiment ont été invités pour participer aux réunions et aux décisions. Néanmoins, les Indios n'ont pas comparu les premiers jours de l'événement, car ils étaient inquiets et craintifs. Ce comportement était compréhensible, les Indiens ont pendant des siècles été poursuivis, agressés et décimés par les « hommes blancs ».
Néanmoins, après quelques réunions et réflexions, divers chefs indigènes ont décidé d’y participer, après avoir pris la mesure de l'importance de ce moment historique. Cette participation s'est produite le 19 avril, qui ensuite a été choisi, dans le continent américain, comme le Jour de l'Indien.



Commémorations et importance de la date

En ce jour se produisent plusieurs événements dévoués à la valorisation mise en valeur de la culture indigène. Dans les écoles, les élèves ont l'habitude de faire des recherches sur la culture indigène, les musées font des expositions et les communes organisent des fêtes commémoratives.
Il doit être aussi un jour de réflexion sur l'importance de la conservation des peuples indigènes, de la préservation de leurs terres et du respect face à leurs manifestations culturelles.

Personne ne doit oublier aussi, que les Indiens habitaient déjà le Brésil quand les Portugais sont arrivés ici en l’an 1500.
Depuis cette date, ce qui a été vu ce sont l'irrespect et la diminution des populations indigènes. Ce processus se produit encore, car avec l'exploitation et l'exploration des ressources naturelles, beaucoup de peuples indigènes perdent leurs terres.



Caractéristiques de l'alimentation indigène

Nous pouvons dire que l'alimentation indigène est naturelle, car ils consomment des aliments prélevés directement à la nature. De cette forme, ils réussissent à obtenir des aliments exempts d'agrotoxiques ou d'autres produits chimiques. L'alimentation indigène est saine et riche en vitamines, sels minéraux et autres éléments nutritifs.
Comme les Indios ne consomment pas de produits industrialisés, ils sont libres des effets néfastes des conservateurs, de colorants artificiels, de réhausseur de saveur et autres additifs artificiels utilisés dans l'industrie alimentaire.

Ajoutée à une intense activité physique, l'alimentation indigène fournit à la tribu une vie saine. Nous pouvons observer dans les villages isolés (sans contact avec l'homme blanc), qu’il y vit des personnes fortes, saines et heureuses. L’obésité, le stress, la dépression et autres maux que l’on trouve facilement dans les grandes villes, ne gagnent pas ces tribus.

Plats typiques culinaires indigènes
- Tapioca (sorte de pain fin, fait avec de la fécule de manioc)
- Pirão (bouillon épais fait de farine de manioc et de bouillon de poisson).
- Maîs
- Beiju (sorte de gâteau de format enroulé ou sous forme de crèpes, fait avec de la masse de farine de manioc fin).


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6.5.09

"Extrèmement triste.."

Depuis son élection en 2002, le Président n’avais jamais rendu de visite officielle à São Luis.

Lula est arrivé hier à São Luís avec le ministre des Mines et de l'Énergie, Edison Lobão le ministre des Transports, Alfredo Nascimento ainsi que le Ministre des villes, Márcio Fortes.
Accompagnés du Gouverneur Roseana Sarney, ils ont survolés pendant plus de deux heures les régions les plus atteintes.

« Extrèmement trite »... Les premiers mot du Président lors de la découverte des zones sinistrées.
Lula s'est dit impressioné. « Ce que j'ai vu est un État entier pratiquement tout inondé », a t’il dit.
Pour mémoire, le Maranhão est grand comme la France.

Le président Luiz Inácio Lula da silva a annoncé que le Gouvernement Fédéral allait travailler conjointement avec le gouvernement de l'État. « Nous travailleront avec beaucoup de ténacité pour retirer toutes ces personnes de l'isolement. Nous ferons tout ce qui est nécessaire, le plus rapidement possible. Il ne manquera pas de la part du Gouvernement Fédéral, de l’argent pour que les gens puissent retourner à vivre normalement », a t’il affirmé, après avoir survolé les villes plus atteintes par les pluies.

Lula a garanti que le gouvernement sera présent dans ces régions avec une assistance d’urgence jusqu'à ce que la saison des pluies se termine. « C'est important de savoir ce que nous devons faire dans un moment comme celui-là : dans premier temps, nous privilégierons l’envoi de nourriture et l’aide sanitaire. Après les pluies, nous ferons les réparations. Je sais qu’il y a urgence, mais on ne peut rien reconstruire tant que la pluie ne s'arrêtera pas. Après les pluies, le Gouvernement Fédéral fera tout ce qui lui sera possible pour récupérer le Maranhão », a t’il assuré.

Pour Roseana Sarney, la situation est pire encore par rapport à ce qu’elle avait découvert la semaine dernière, quand elle a visité pour la première fois les secteurs atteints. Selon elle, 50 villes maranhense déjà sont dans situation d'urgence.

Le Ministre Lobão a révélé un autre facteur préoccupant : 180 localités sont sans réseau d’électricité.

Les pluies qui atteignent le Maranhão depuis avril, ont déjà touché plus de 154 000 personnes.
De plus en plus de routes sont coupées. Il devient impossible de rejoindre la Capitale de l’État, São Luis.
Lundi, les fleuves Mearim et Itapecuru Mirim sont montés d’environ 60 centimètres dû à de fortes pluies qui ont atteint les régions nord, nord-est et central de l'État.